Traversée du désert à la rame (3)

Suite de cet article et de celui-là.

Comment savoir quand l’envie et l’énergie reviennent VRAIMENT pour écrire ?

Plusieurs fois, l’envie m’a fait le coup de revenir sans que j’aie l’énergie de m’y remettre et vice-versa. Cependant, il y a deux mois, un événement de me vie personnelle a créé comme un déclic. J’avais besoin de m’exprimer, et tous les dérivatifs dont j’avais usé jusque là ne suffisaient plus : je voulais – je devais – écrire.

D’abord, un afflux d’idées m’a submergée. Des idées pour compléter une histoire que j’espérais raconter depuis longtemps. J’ai repris mes carnets de notes et me suis mis à y coucher frénétiquement tout ce qui me passait par la tête. Heureusement, ça ne s’est pas arrêté là. J’ai aussi commencé à taper une scène, puis deux, puis trois… On dit qu’au bout de 21 jours une habitude est lancée, eh bien j’ai soufflé de soulagement quand j’ai dépassé ce stade. En effet, j’avais toujours assez d’envie et d’énergie afin de poursuivre mon projet. Il s’agit d’un projet de romance érotique qui suit doucement son cours et que je compte booster avec le camp NaNo de juillet.

Puis, alors que depuis deux ans j’avais pris le parti de rester dans mon coin et de me contenter d’encourager les auteurs qui eux écrivaient, j’ai commencé à communiquer sur ma sortie de l’impasse, sur FaceBook, ici, et à l’oral auprès de mes proches. Au lieu de me replier sur moi-même, je m’exprime à nouveau par et sur l’écriture. J’ai reçu beaucoup d’encouragements et de manifestations d’enthousiasme, en particulier en réaction aux articles sur ce blog, et je vous en remercie^^

Il semble qu’on ne m’ait pas oubliée pendant ces deux ans d’inactivité (ça me paraît dément !), et de nombreux projets s’offrent à moi, j’aurai l’occasion de vous en reparler ;-) Si vous avez quelque chose à me proposer, n’hésitez pas ! Je jette aussi un coup d’œil aux appels à textes pour voir si je ne pourrais pas aussi faire mon come back du côté des nouvelles, sans pression.

Et vous, comment ça se débloque ?

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Traversée du désert à la rame (2)

Suite de cet article.

Est-ce qu’un auteur arrête vraiment d’écrire pendant une panne d’écriture ?

La réponse est complexe.

D’un côté, je n’avais vraiment plus d’inspiration ni d’envie d’écrire pendant 2 ans. J’ai laissé de côté des projets très alléchants (notamment une nouvelle sur le thème Quantpunk, pour laquelle j’avais effectué tout un tas de recherches complexes et passionnantes), des corrections éditoriales (c’est un miracle si j’ai finalement une parution en fin d’année, on en reparlera ;-) ), ou même des amorces de projets. En effet, parfois, j’avais l’impression que la machine repartait, je saisissais un carnet, j’écrivais plein d’idées, une demi-page sur Word, et puis pfuit ! Le soufflé retombait aussitôt. C’était rageant !

D’un autre côté, l’écriture existait toujours en fond de toile dans ma vie. Pendant un moment, j’ai continué à contribué à la Microphéméride (un site de micronouvelles sur les éphémérides du jour, foncez voir !), jusqu’à ce que j’abandonne en 2015 car je livrais toujours mon texte à l’extrême limite de la deadline, ce qui épuisait autant les organisateurs que moi.

À une période, j’ai relu certains de mes textes et les ai soumis ou resoumis pour les voir publiés, avec quelques succès. Ces succès ne m’ont d’ailleurs pas tellement remonté le moral car j’avais l’impression de proposer aux éditeurs les textes de quelqu’un d’autre, d’une autre moi dans une autre vie.

Le plaisir d’écrire me manquait. Souvenez-vous, c’est le fait d’écrire sous une certaine contrainte qui avait en partie déclenché mon blocage. Je revins alors à un rapport plus concret et physique avec l’écriture ; je m’achetai de beaux carnets pour y noter ce qui m’arrivait, mes réflexions et des citations avec des stylos de toutes les couleurs. Finalement, j’écris beaucoup dans mes journaux, au moins tous les trois jours. Je pense que cela m’a aidé à garder un certain rythme, ce qui m’a servi quand tout s’est débloqué.

Et vous, gardez-vous un rapport à l’écriture, même lointain, pendant vos blocages ?

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Traversée du désert à la rame (1)

Voilà le premier d’une série de trois articles sur une panne d’écriture qui a duré plus de deux ans. On ne sait jamais si son expérience peut servir ou donner du courage et de l’espoir à d’autres :-)

En juin 2014, j’ai arrêté d’écrire. Pourtant, mon roman Mary’s Blues était paru en février. J’avais assisté au Salon du Livre de Paris en tant qu’auteur en dédicace. Ayant développé mon réseau, je travaillais à un nouveau roman directement avec l’éditeur, un rêve d’auteur. J’avais écrit le premier tiers et je devais le remanier pour signer mon contrat. L’échéance était en juin. Plus la deadline approchait, et moins je me sentais capable d’aligner deux lignes. Finalement, je contactai l’éditrice pour lui annoncer que je renonçais au projet.

 

Il me semble que deux raisons principales ont participé à cet abandon.

Tout d’abord, maintenant que je travaillais directement avec les éditeurs, je sentais trop de pression. Une pression que je me mettais toute seule d’ailleurs car mes interlocutrices ont toujours été très compréhensives et patientes avec moi. Cependant, je perdais de vue le plaisir de l’écriture pour me retrouver dans une obligation d’écrire.

Ensuite, j’avais l’impression de m’être mise à nu avec la parution de mon roman Mary’s Blues. Je n’avais plus envie de m’exposer, surtout que je me trouvais dans une période de fragilité. J’entrais donc dans un burn out d’écriture.

 

Alors que j’écrivais et publiais en continu depuis 2009, travaillant souvent sur plusieurs projets à la fois, toute idée, toute volonté d’écrire m’avait abandonnée.

Au début, je temporisai, me disant que c’était un mauvais moment, que ça allait passer, que ça m’était déjà arrivé avant (notamment en période de concours ou d’examens). Mais les jours se transformaient en semaines, les semaines en mois, et ni l’envie ni l’inspiration ne revenaient.

Puis, je commençai à me culpabiliser. “Mais qu’est-ce qui ne va pas avec toi ? Tu avais un boulevard devant toi, et tu es restée sur le côté !” “Tu devrais écrire plutôt que de…” Une partie de mon identité s’était évaporée. Être auteure a toujours été un rêve pour la réalisation duquel j’ai travaillé dur. Et quand on n’écrit plus, on ne se sent plus auteur (moi pas en tout cas).

Je cessai de fréquenter les salons et les festivals de littérature de l’imaginaire, je m’isolai de mes contacts écrivains. Je ne voyais plus quoi leur dire de toute façon, puisque je n’avais plus aucun projet d’écriture. Le vide. Pour compenser, je cherchai d’autres moyens d’exprimer ma créativité : le dessin, la peinture, le collage, le chant… L’écriture me manquait mais j’étais incapable de m’y atteler de nouveau. Pas de front en tout cas.

(à suivre)

 

Et vous, avez-vous déjà vécu une panne d’écriture sérieuse ?

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Tel le phœnix…

Bonjour chers tous qui passez par là ! Approchez approchez, j’ai presque fini la poussière, j’ai passé la serpillière, et le blog est tout beau tout neuf. Installez-vous sans chichi, la diffusion des programmes va reprendre dans un instant.

Pour célébrer mon retour dans ces locaux virtuels, je vous propose quelques petits textes écrits hier en atelier de microécriture sur les consignes de Jacques Fuentealba. Le point travaillé, le thème et les contraintes sont indiqués au dessus de chaque texte. Enjoy !

Travail sur les références et l’intertextualité.

Thème : Les trois petits cochons

— Donc là vous avez notre première maison témoin, on l’appelle Charme rustique. Toit de chaume, murs en paille et torchis, la maison écologique économique par excellence.

Le client parcourut rapidement la brochure et fronça son nez en trompette.

— Ça résiste bien aux intempéries ?

— Parfait pour un climat océanique pluvieux.

— Et le vent ?

— Je vois, vous cherchez quelque chose de plus robuste. Que dites-vous de ce modèle, Chaleureux Lambris ? Des rondins pour l’extérieur, un toit de bardeaux, il n’y a pas plus solide. Encore une maison naturelle, chauffée par géothermie.

Le client accorda à peine un regard à la construction et déplaça sa corpulence devant leur modèle le plus banal. Pourtant, personne n’achetait plus de maisons en briques de nos jours. Tout le monde voulait une maison qui se fonde dans l’environnement.

— Excusez-moi, monsieur, mais où vivez-vous, si je puis me permettre ?

Une lueur de panique apparut dans les yeux porcins de l’homme.

— Dans la forêt, souffla-t-il.

 

Le calembour

Thème : La grève + placer un calembour

Ils enflammèrent un tas de vieux pneus. Le feu partit à l’assaut des étoiles, cachées derrière un fog épais. Ils n’avaient que quelques dizaines de minutes avant que la police ne les trouve et ne les déloge. Sans perdre de temps, ils entamèrent leur hymne au dieu de la Justice Sociale, en espérant que cette fois, enfin, il se manifesterait.

 

Le retournement de situation

Thème : Sévices, torture, séquestration + surprendre

Il marchait courbé en deux comme diminué par le poids de ses chaînes. Ses habits râpés, trop grands pour lui, flottaient sur sa carcasse. Un homme le héla. Il se retourna lentement, les yeux cernés par des nuits sans sommeil. Des flashs fusèrent. Le rappeur se promit de ne plus boire autant une veille d’avant-première.

 

L’envie de relire

Thème : Enfance, Nostalgie + susciter envie de relire

Elle sautillait sur le chemin dans la lumière de cette fin d’après-midi. Un petit vent frais soufflait, chassant de son visage la sueur des jeux de ces dernières heures. Un grand cri retentit dans la vallée. Sa mère l’appelait. Elle passa la langue sur ses lèvres salées et se pencha pour ramasser deux flocons qu’elle s’accrocha en boucles d’oreilles. Un chocolat chaud l’attendait près du feu de cheminée.

 

Thème : Découvertes, Inventions + Uchronie

— Je t’avais prévenu, il n’y a rien d’exceptionnel dans mon atelier.

Street 45 écarquilla les yeux devant l’explosion de couleurs qui s’offrait à la vue. En tant qu’artiste, il ne voyait pas le laboratoire chimique de son ami de la même manière que lui.

— Rien d’exceptionnel ! Et ces petits papiers carrés qui tiennent tous seuls contre le mur ?

— Oh, une expérience ratée, j’ai voulu créer une colle forte et finalement, ils s’enlèvent super facilement. Regarde !

Spencer joignit le geste à la parole et arracha une poignée de papiers. Ils se décollèrent sans forcer. Les yeux de Street 45 s’agrandirent encore – si c’était possible.

Trente minutes plus tard, un tyrannosaure géant fait de dizaines de petits carrés collants décorait la fenêtre.

— Comment tu appelles ça ? demanda Street 45. Tu peux m’en faire plus ?

— Si tu veux. Ce sont des Post-it. Et toi, comment tu appelles ça ?

— Du Pixel Art. Ça va faire un carton, crois-moi !

 

Le Titre

Thème : Cascadeurs, casse-cous et têtes brûlées

Mauvaise doublure

La voiture explosa en plein vol plané. Il arracha la portière de ses gonds desserrés et plongea dans l’eau glacé du lac. Il nagea ensuite vigoureusement jusqu’à la rive. Après un roulé-boulé désespéré, il attrapa le flingue aux pieds du méchant encore étourdi dans son propre véhicule accidenté et le pointa sur sa tempe. Il avait mal partout, de l’intérieur du crâne jusqu’à ses orteils gelés, mais il l’avait faite ! La cascade de sa vie !

— Coupez ! On la refait, ce n’est pas la bonne veste ! Qui m’a foutu du noir à la place du gris ?

 

N’hésitez pas à me laisser votre avis !

 

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Street Art : la ville est vivante (5)

Nouvel itinéraire dans ce musée de plein air qu’est Paris, mais je suis incapable de le retracer avec exactitude car il fut plutôt erratique et de bonne compagnie, si fait que je n’ai pas relevé tous les noms des rues traversées. Je peux juste affirmer que nous nous sommes promenés dans le dédale tortueux du Marais, ainsi que dans le quartier Montorgueil. Je ne garantis pas non plus l’ordre exact des photos, mais trève de commentaire et passons au plus intéressant : le Street Art parisien !

De la Place Saint-Paul, notre point de départ, on apercevait :

Un poulpe-Spiderman de GZUP et un Diamant rue Miron.

Un poulpe-Spiderman de GZUP et un Diamant rue Miron, plus la petite taupe dont j’ignore l’artiste. Un cadre (de Bastek ?) a manifestement été arraché.

Rue de Jarente, un mur était bien occupé :

Un graff vif, rigolo et déjanté de Birdy Kids.

Un graff vif, rigolo et déjanté de Birdy Kids.

Un cœur en mosaïque de Kahina (?)

Un cœur en mosaïque de Kahina (?)

Mais la rue de Sévigné (nom non contractuel^^) n’était pas en reste :

Collage de Fred le Chevalier.

Collage de Fred le Chevalier.

My Own Jupiter.

My Own Jupiter.

Un peu plus loin, on s’est retrouvé rue Payenne :

Un Space Invader et un petit robot dont j'ignore le nom mais dont j'adore le style, donc n'hésitez pas à me renseigner^^

Un Space Invader et un petit robot dont j’ignore l’artiste mais dont j’adore le style, donc n’hésitez pas à me renseigner^^

Puis on a changé de quartier :

Rue Brantôme 2

Mais la compagnie d’Invader ne nous a pas fait défaut^^ :

Rue Brantôme, un Space Invader à l'heure ;-)

Rue Brantôme, un Space Invader à l’heure ;-)

La rue Montorgueil était toute enstickée (si ce mot n’existe pas, je le crée !) :

Stickers sur une plaque de la rue Montorgueil, dont un de Miss Alien (à gauche).

Stickers sur une plaque de la rue Montorgueil, dont un de Miss Alien (à gauche).

Et on a terminé notre longue ballade par un crochet Passage du Marché :

Fresque de Chanoir.

Fresque de Chanoir.

Magnifique fresque : Mattea par jb (?) <3

Magnifique fresque : Mattea par jb (?) <3

Enfin, nous nous sommes attablés à la sympathique terrasse du bar-tapas Le Passage, où nous nous avons goûté un repos amplement mérité^^

À la prochaine pour de nouvelles photos d’œuvres de plein air !

Et n’oubliez pas de vous hydrater si vous sortez les admirer par cette chaleur :-P

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