Illumination (un effet secondaire des guirlandes de Noël ?)

Dans l’effervescence des préparatifs avant fête et du rangement après fête, j’ai trouvé quelques moments pour relire Memory, un des épisodes de la saga Miles Vorkosigan de McMaster Bujold. Chaque ouvrage de cette série de Space Opera retrace les aventures de Miles Vorkosigan, héritier d’une grande famille de la planète Barrayar. Au sein d’un monde où les mutants sont honnis, Miles est né nain et difforme à la suite d’un accident survenu lors de la grossesse de sa mère. Il doit donc faire ses preuves dans un monde hostile. Cela ne l’effraie pas : Miles est une tête brûlée, qui dispose d’assez de cynisme et d’astuce pour affronter toutes sortes de situations en dépit de son physique. Bref, il s’agit d’une excellente saga que je vous recommande chaudement (chaque épisode peut-être lu indépendamment du reste, mais il vaut mieux lire les premiers d’abord pour s’immerger dans l’univers).

Couverture de Caza

Au milieu de ma lecture, j’ai eu une illumination à propos un procédé narratif que j’ai pourtant vu des centaines de fois au cours de mes lectures. Dans Memory, l’histoire est racontée du point de vue de Miles. Ilyan, le chef des services secrets de Barrayar est victime d’un attentat biochimique. Miles soupçonne un complot interne. Les indices s’accumulent contre un haut responsable qui dissimule des informations et refuse à Miles l’accès à la clinique où Ilyan est interné. La confrontation a enfin lieu et il se trouve que le responsable avait de très bonne raisons de se méfier de Miles et de l’empêcher de visiter Ilyan. Le méchant devient gentil. Le vilain est en fait plus complexe que ce que le point de vue unique du héros nous laissait penser.

Bon, vous me direz : c’est du vu et revu. Rien que dans la saga Harry Potter, deux personnges importants, Sirius Black et Severus Rogue (Snape pour les puristes) oscillent de 0 à 100 dans notre estimomètre au cours du récit. Et ce cycle je l’ai lu au moins deux fois (comme la série Miles Vorkosigan). Je connais ce procédé narratif.

Seulement, là, un déclic s’est produit. Entre connaître et comprendre, il y a un fossé que j’ai l’impression d’avoir franchi ces jours-ci. J’ai compris pourquoi c’est intéressant de créer un quiproquo sur les intentions d’un personnage (en gros : ça le rend plus intéressant, moins brut de décoffrage), ce que ça apporte au récit (en gros : un rebondissement surprenant et une recomposition des alliances) et surtout, comment le mettre en place (en gros : il faut semer assez d’informations en amont pour que ce soit crédible pour le lecteur, et bien ménager ses transitions).

Pourquoi je n’ai pas saisi tout cela avant ? Je ne sais pas. Je crois qu’il y a des moments où toutes les conditions sont réunies pour faciliter l’éclair de compréhension : un bon bouquin, dans lequel le procédé en question est particulièrement bien amené, et au moment de la lecture, un esprit assez attentif au style pour repérer ce genre de constructions.
Ou alors c’était peut-être mon moment, tout simplement (j’ai passé un niveau, comme dans les jeux de rôle^^). En tout cas, j’ai bien l’intention tester ce procédé dans mes prochains écrits. D’ailleurs, j’ai remarqué que je fonctionnais pas mal par « moments » d’écriture : un de mes derniers « moment » en date consistait à tester le procédé du récit dans le récit et à explorer ses possibilités (dans ma nouvelle sur Mélusine, par exemple).

Et vous, avez-vous des flashs sur l’écriture quand vous lisez ?

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Catégories : Élucubrations | 4 Commentaires

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4 réflexions sur “Illumination (un effet secondaire des guirlandes de Noël ?)

  1. Yep, j’ai eu un flash du même type en lisant du Pierre Pevel. Mais je ne l’ai pas eu immédiatement. Je me suis posée des questions sur la méthode employée par l’auteur pour que le lecteur s’attache à un personnage désagréable. J’ai besoin d’un tel procédé pour écrire Sidoine. Et il s’avère que l’auteur le rend intéressant par la présence de personnages intéressants et agréables autour de lui. On se dit que s’il a des amis, il ne doit pas être aussi désagréable qu’on l’imagine… Je compte utiliser ce procédé dans Sidoine. C’est là que la lecture devient intéressante pour l’écriture.

    De bonnes fêtes de fin d’année à toi, Macalys.

    • Bonne idée, tiens ! Aller voir ce que font les « grands » pour se décoincer dans les moments difficiles.

      Bonne fêtes à toi aussi^^

  2. Maëlig

    Oui, ça m’est arrivé, mais parfois malheureusement en négatif (« Oh, non, ce procédé est gros comme ma cuisse gauche ! »).
    Des bons gros flash positifs, j’en ai peut-être plus en papotant autour d’un café-crème ? ^^
    (mais alors il s’agit plutôt de scénar que de façon de procéder, je crains)

    • Les discussions dans les salons de thé, c’est sûr, ça favorise l’inspiration ! Les muses doivent aimer l’ambiance… ;-)

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