« Ma vengeance, c’est la vie »

Pourquoi écrire sur sa vie ? Les bons instants sont rarement réductibles à de simples mots, et coucher les mauvais souvenirs sur papier revient à les graver à jamais dans le marbre, empêcher le temps d’accomplir son œuvre, refuser de les effacer ou au moins de les atténuer.
C’est ce que je pensais avant aujourd’hui.

Puis, j’ai rencontré un grand homme.

Au Mémorial de la Shoah.

Charles Palant a été déporté à Auschwitz en 1943 avec sa mère et sa sœur, qui ont été tuées dès leur arrivée dans le camp. Pendant deux ans, il a lutté pour sa survie et a finalement regagné la France après la libération. Pourtant, quand un enfant de l’assistance lui a demandé s’il avait pensé à se venger de ceux qui l’ont dénoncé, il a répondu : « Ma vengeance, c’est la vie ». Sa vie d’après l’enfer, sa part de bonheur conquise malgré tout.

Et j’ai compris pourquoi il était vital que des personnes comme lui racontent leur existence. Pour eux, j’imagine (et j’espère de tout mon cœur) que témoigner les libère en partie de leur fardeau. Pour nous, si on sait les écouter, on trouvera dans leur expérience du courage, de la bonté et de la sagesse. De la force pour avancer sur un chemin d’espoir, pour inventer un monde meilleur.

Membre de mouvements antifascistes et antiracistes (notamment cofondateur du MRAP) et luttant pour la tolérance, Charles Palant témoigne de son abominable expérience année après année, dans des conférences et des livres (Je crois au matin, 700 jours en enfer). Si vous voulez entendre un de ses témoignages, vous pouvez cliquer ici.

Rassurez-vous, je ne vais pas commencer à écrire sur ma vie, j’ai bien peu à partager en comparaison… Je vais me contenter des genres de l’imaginaire qui m’ouvrent les portes du rêve, et m’aident à oublier les abominations que les hommes sont capables d’infliger à leurs semblables.

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Catégories : Rencontres | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “« Ma vengeance, c’est la vie »

  1. Il n’y a pas de mots face à l’horreur des camps, face aux génocides. Surtout pour nous. Nous ne pouvons qu’écouter les témoignages et garder les yeux ouverts, pour agir et ne pas oublier.
    Qu’on puisse diminuer un être humain au stade d’objet est un mécanisme mental à la fois fascinant et terrible. Que de si nombreuses personnes aient pu y contribuer, se masser derrière cette idée fait désespérer de l’humanité, de cette capacité dont les hommes se targuent et se disent maintenant encore comme unique espèce à la posséder: la conscience.

    Je ne peux qu’admirer M. Palant, qu’il ait su construire après un tel cauchemar. Et qu’il n’ait pas voulu effacer de sa mémoire cette partie de son passé, mais vivre avec, l’assumer, croire en les hommes et souhaiter les protéger de tout extrêmisme, par le biais de ses associations, entre autres.

    Ce genre de rencontre doit remettre en place. Merci de l’avoir partagée avec nous.

    • Merci à toi de partager ces réflexions. Ce n’est pas facile de mettre des mots sur des horreurs pareilles.

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