Motiver ses troupes

Ces jours-ci, je travaille sur deux textes en parallèle, ma novella et une nouvelle pour l’appel à textes « Muséums » de Malpertuis. Écrire deux textes en simultané ne m’arrive jamais – d’habitude, je préfère cloisonner – mais j’aime bien les expériences.
Curieusement, j’ai eu le même problème à résoudre dans les deux textes.

Ma nouvelle met en scène deux personnages, un professeur et son assistant (j’aime bien peupler mes récits de tandems maître/élève, la psychologie aurait sans doute beaucoup à dire là-dessus^^). Le chapitre 6 de ma novella introduit un nouveau personnage qui bout de colère. Dans les deux cas, je n’ai pas réussi tout de suite à trouver le ton juste. L’ambiance, les péripéties, la logique du récit, en apparence j’avais pensé à tout, mais mes personnages refusaient de m’obéir et de vivre l’histoire que j’avais imaginée pour eux.

J’ai arrêté un moment de les plier à mes exigences et j’ai réfléchi à leurs motivations, un aspect de mes textes que je néglige souvent, parce que je crois que la motivation vient en cours d’aventure. En plus, dans la vraie vie, les individus sont écartelés entre une multitude de motivations, alors en associant un personnage à une motivation, je craindrais de le réduire à pas grand-chose, voire de le transformer en cliché. Et puis zut ! Ce serait quand même plus pratique si mes personnages poursuivaient le même objectif que moi quand j’écris, c’est-à-dire s’amuser !

Finalement, j’ai cédé, j’ai joué les larges d’esprit et demandé à mes personnages ce qu’ils voulaient. Ils n’avaient qu’une revendication : être eux-mêmes. J’ai donc adapté les deux histoires à leur caractère au lieu d’essayer de changer leurs caractères en fonction de mon plan. Je ne le regrette pas : les dialogues et les attitudes de mes héros s’avèrent bien plus naturelles. Désormais, ils me prêtent leur ton sans rechigner.

Et vous, prêtez-vous attention aux motivations de vos personnages ?

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Catégories : Écrire | 9 Commentaires

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9 réflexions sur “Motiver ses troupes

  1. Pas le choix, sinon je me fais taper dessus. :/

  2. Mes personnages, lol.

  3. Oui, c’est même ce que je prévois au début, avant de leur donner un physique ou même un caractère : je définis leur rôle dans l’histoire, leurs motivations, les moyens mis en œuvre pour réaliser leurs souhaits, s’ils y parviennent ou pas. Généralement, le scénario se construit autour de ça : les motivations des personnages et les choses qui les empêchent d’avancer vers ce but.

    C’est un peu le même principe que dans Buffy à un moment « Want. Take. Play. » ^^ Avec un « oups » ou deux au milieu. ^^

    • Maintenant que j’ai découvert que définir des motivations aux personnages facilite la construction du récit, je crois que je ne vais pas hésiter à appliquer ta méthode à mes textes !
      Comme quoi… On a beau lire ou entendre un conseil mille fois, si on ne se casse pas le nez dessus, qu’on ne découvre pas par nous-même ses bienfaits (ou méfaits), on risque de passer à côté longtemps. Si je n’avais pas eu ce problème de motivation sur deux textes en même temps (qui se sont fait écho mutuellement), je crois que j’aurais continué à mépriser les motivations de mes personnages encore un bon bout de temps.
      En tout cas, merci pour tes lumières^^

  4. Scribo Loutre

    Je pense qu’en général, la motivation des personnages va dans le même sens que le texte, ce qui fait qu’on identifie pas la nécessité d’adapter l’histoire. C’est quand on rencontre un problème qu’il devient crucial de le faire, alors que c’était implicite jusque-là.

    Je n’ai pas de mtéhode spécifique pour ça, puisque c’est automatique la majeure partie du temps, mais il m’arrive de devoir y réfléchir.

    • Jusque là, je pense en effet que la motivation des personnages s’adaptait au texte sans que j’aie à y réfléchir particulièrement. Maintenant que j’ai conscience de l’importance de cet élément technique, quand j’aurai un blocage, je vérifierai si ce n’est pas lié à un souci de motivation (parfois aussi, c’est la mienne qui fait défaut :-P).

  5. Je ne dirais pas que mes personnages font ce qu’ils veulent mais ils ne font pas toujours ce que veux, moi…

    Il y a certaines scènes vraiment clés auxquelles j’ai pensé des dizaines de fois (et je n’exagère pas) et qui, une fois écrites, ne ressemblent pas çà ce que j’avais imaginé.

    Certaines fois, le résultat est chouette.
    D’autres fois, c’est … à revoir, indiscutablement.

    Ah, si on pouvait toujours faire ce qu’on veut et prévoit de faire, comme la vie serait reposante (et un peu triste aussi)…

    • Je suis une fan de plans et de préparation, mais j’avoue que comme toi, j’aime bien aussi quand mes idées prennent le large et m’emmènent ailleurs. La surprise est souvent bonne^^

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