Traversée du désert à la rame (1)

Voilà le premier d’une série de trois articles sur une panne d’écriture qui a duré plus de deux ans. On ne sait jamais si son expérience peut servir ou donner du courage et de l’espoir à d’autres :-)

En juin 2014, j’ai arrêté d’écrire. Pourtant, mon roman Mary’s Blues était paru en février. J’avais assisté au Salon du Livre de Paris en tant qu’auteur en dédicace. Ayant développé mon réseau, je travaillais à un nouveau roman directement avec l’éditeur, un rêve d’auteur. J’avais écrit le premier tiers et je devais le remanier pour signer mon contrat. L’échéance était en juin. Plus la deadline approchait, et moins je me sentais capable d’aligner deux lignes. Finalement, je contactai l’éditrice pour lui annoncer que je renonçais au projet.

 

Il me semble que deux raisons principales ont participé à cet abandon.

Tout d’abord, maintenant que je travaillais directement avec les éditeurs, je sentais trop de pression. Une pression que je me mettais toute seule d’ailleurs car mes interlocutrices ont toujours été très compréhensives et patientes avec moi. Cependant, je perdais de vue le plaisir de l’écriture pour me retrouver dans une obligation d’écrire.

Ensuite, j’avais l’impression de m’être mise à nu avec la parution de mon roman Mary’s Blues. Je n’avais plus envie de m’exposer, surtout que je me trouvais dans une période de fragilité. J’entrais donc dans un burn out d’écriture.

 

Alors que j’écrivais et publiais en continu depuis 2009, travaillant souvent sur plusieurs projets à la fois, toute idée, toute volonté d’écrire m’avait abandonnée.

Au début, je temporisai, me disant que c’était un mauvais moment, que ça allait passer, que ça m’était déjà arrivé avant (notamment en période de concours ou d’examens). Mais les jours se transformaient en semaines, les semaines en mois, et ni l’envie ni l’inspiration ne revenaient.

Puis, je commençai à me culpabiliser. “Mais qu’est-ce qui ne va pas avec toi ? Tu avais un boulevard devant toi, et tu es restée sur le côté !” “Tu devrais écrire plutôt que de…” Une partie de mon identité s’était évaporée. Être auteure a toujours été un rêve pour la réalisation duquel j’ai travaillé dur. Et quand on n’écrit plus, on ne se sent plus auteur (moi pas en tout cas).

Je cessai de fréquenter les salons et les festivals de littérature de l’imaginaire, je m’isolai de mes contacts écrivains. Je ne voyais plus quoi leur dire de toute façon, puisque je n’avais plus aucun projet d’écriture. Le vide. Pour compenser, je cherchai d’autres moyens d’exprimer ma créativité : le dessin, la peinture, le collage, le chant… L’écriture me manquait mais j’étais incapable de m’y atteler de nouveau. Pas de front en tout cas.

(à suivre)

 

Et vous, avez-vous déjà vécu une panne d’écriture sérieuse ?

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6 réflexions sur “Traversée du désert à la rame (1)

  1. Coucou Macalys,

    Contente de voir que tu reprends ton blog. Pour moi, le blocage a duré presque aussi longtemps (et je n’en suis pas encore sortie à 100%). On va dire qu’il a commencé peu avant mon mariage et que j’ai repris l’écriture pour les 6 mois de ma fille (la grossesse, la dépression post-partum, etc.).

    Mon gros coup de pouce, ça a été les textes que j’avais écris, corrigé et pas envoyé. J’ai commencé par les soumettre et, bingo, l’un a été pris. Du coup, je continue sur ma lancée avec des corrections plus ambitieuses et de nouveaux textes (déjà bien préparés en amont de mon blocage).

  2. Coucou, contente de te revoir par ici ! Je ne peux que me réjouir que tu reprennes l’écriture vu que j’adore ce que tu écris ^^ Go go go !
    Apparemment, d’autres témoignages que j’ai pu lire, les événements de la vie et en particulier les grossesses jouent pas mal sur la propension à écrire. Ceci dit, ma grossesse à moi avait été un déclencheur d’écriture, pas un frein.
    Je te souhaite de continuer sur ta lancée !

  3. D’un autre côté, j’ai profité de cette pause pour lancer un autre projet créatif : ma boutique de miniatures sur Etsy (https://www.etsy.com/shop/CatzillasMinis). Le hic, c’est que je n’arrive pas à faire les deux en même temps. Soit je couds à fond, soit j’écris. J’essaye d’alterner avec en vue, l’idée de me créer une habitude de création quelque soit le support.

    Bon courage pour la reprise du blog.

    • Trop mignonne tes créations de couture *_*
      Heureusement, la créativité ne se cache jamais trop loin ^^

  4. Pas une panne d’écriture à proprement parler, mais une panne de confiance. Quand tous les manuscrits sont refusés, quand même ton éditeur te dit qu’il ne va pas publier ton prochain roman d’une série, tu as du mal à pousser un projet au bout. Dans le doute, tu multiplies les débuts sans savoir ce que ça vaut, s’il faut continuer, creuser… épuisant. Content de voir que tu as repris le clavier :)

    • Merci !
      J’imagine que dans ton cas, il faut réapprendre à aimer ce que l’on écrit. Un animateur d’atelier d’écriture m’avait dit un jour que multiplier les débuts c’était comme commencer plusieurs histoires d’amour : au début, tout est beau, limpide et lumineux ! J’espère que tu as vite trouvé des textes avec lesquels tu as voulu aller plus loin ;)

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