Articles tagués : Micronouvelles

Tel le phœnix…

Bonjour chers tous qui passez par là ! Approchez approchez, j’ai presque fini la poussière, j’ai passé la serpillière, et le blog est tout beau tout neuf. Installez-vous sans chichi, la diffusion des programmes va reprendre dans un instant.

Pour célébrer mon retour dans ces locaux virtuels, je vous propose quelques petits textes écrits hier en atelier de microécriture sur les consignes de Jacques Fuentealba. Le point travaillé, le thème et les contraintes sont indiqués au dessus de chaque texte. Enjoy !

Travail sur les références et l’intertextualité.

Thème : Les trois petits cochons

— Donc là vous avez notre première maison témoin, on l’appelle Charme rustique. Toit de chaume, murs en paille et torchis, la maison écologique économique par excellence.

Le client parcourut rapidement la brochure et fronça son nez en trompette.

— Ça résiste bien aux intempéries ?

— Parfait pour un climat océanique pluvieux.

— Et le vent ?

— Je vois, vous cherchez quelque chose de plus robuste. Que dites-vous de ce modèle, Chaleureux Lambris ? Des rondins pour l’extérieur, un toit de bardeaux, il n’y a pas plus solide. Encore une maison naturelle, chauffée par géothermie.

Le client accorda à peine un regard à la construction et déplaça sa corpulence devant leur modèle le plus banal. Pourtant, personne n’achetait plus de maisons en briques de nos jours. Tout le monde voulait une maison qui se fonde dans l’environnement.

— Excusez-moi, monsieur, mais où vivez-vous, si je puis me permettre ?

Une lueur de panique apparut dans les yeux porcins de l’homme.

— Dans la forêt, souffla-t-il.

 

Le calembour

Thème : La grève + placer un calembour

Ils enflammèrent un tas de vieux pneus. Le feu partit à l’assaut des étoiles, cachées derrière un fog épais. Ils n’avaient que quelques dizaines de minutes avant que la police ne les trouve et ne les déloge. Sans perdre de temps, ils entamèrent leur hymne au dieu de la Justice Sociale, en espérant que cette fois, enfin, il se manifesterait.

 

Le retournement de situation

Thème : Sévices, torture, séquestration + surprendre

Il marchait courbé en deux comme diminué par le poids de ses chaînes. Ses habits râpés, trop grands pour lui, flottaient sur sa carcasse. Un homme le héla. Il se retourna lentement, les yeux cernés par des nuits sans sommeil. Des flashs fusèrent. Le rappeur se promit de ne plus boire autant une veille d’avant-première.

 

L’envie de relire

Thème : Enfance, Nostalgie + susciter envie de relire

Elle sautillait sur le chemin dans la lumière de cette fin d’après-midi. Un petit vent frais soufflait, chassant de son visage la sueur des jeux de ces dernières heures. Un grand cri retentit dans la vallée. Sa mère l’appelait. Elle passa la langue sur ses lèvres salées et se pencha pour ramasser deux flocons qu’elle s’accrocha en boucles d’oreilles. Un chocolat chaud l’attendait près du feu de cheminée.

 

Thème : Découvertes, Inventions + Uchronie

— Je t’avais prévenu, il n’y a rien d’exceptionnel dans mon atelier.

Street 45 écarquilla les yeux devant l’explosion de couleurs qui s’offrait à la vue. En tant qu’artiste, il ne voyait pas le laboratoire chimique de son ami de la même manière que lui.

— Rien d’exceptionnel ! Et ces petits papiers carrés qui tiennent tous seuls contre le mur ?

— Oh, une expérience ratée, j’ai voulu créer une colle forte et finalement, ils s’enlèvent super facilement. Regarde !

Spencer joignit le geste à la parole et arracha une poignée de papiers. Ils se décollèrent sans forcer. Les yeux de Street 45 s’agrandirent encore – si c’était possible.

Trente minutes plus tard, un tyrannosaure géant fait de dizaines de petits carrés collants décorait la fenêtre.

— Comment tu appelles ça ? demanda Street 45. Tu peux m’en faire plus ?

— Si tu veux. Ce sont des Post-it. Et toi, comment tu appelles ça ?

— Du Pixel Art. Ça va faire un carton, crois-moi !

 

Le Titre

Thème : Cascadeurs, casse-cous et têtes brûlées

Mauvaise doublure

La voiture explosa en plein vol plané. Il arracha la portière de ses gonds desserrés et plongea dans l’eau glacé du lac. Il nagea ensuite vigoureusement jusqu’à la rive. Après un roulé-boulé désespéré, il attrapa le flingue aux pieds du méchant encore étourdi dans son propre véhicule accidenté et le pointa sur sa tempe. Il avait mal partout, de l’intérieur du crâne jusqu’à ses orteils gelés, mais il l’avait faite ! La cascade de sa vie !

— Coupez ! On la refait, ce n’est pas la bonne veste ! Qui m’a foutu du noir à la place du gris ?

 

N’hésitez pas à me laisser votre avis !

 

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Un pépin a germé !

Je vous parlais dans ce billet d’une de mes tentatives malheureuses pour participer au Prix Pépin. Eh bien, cette année, j’ai retenté ma chance et l’une de mes micronouvelles a été retenue dans la sélection finale qui concourt pour le Prix du Public :

15 – Coquetterie

 La dernière clématite au monde, arrosée par les pluies acides et nourrie par un air radioactif, grimpa jusqu’au sommet de la dernière tour de la planète et épanouit sa corolle mauve devant la désolation terrestre. La dernière petite fille au monde la cueillit et la mit dans ses cheveux.

Cette micronouvelle constitue un hommage à celle très connue de Frederick Brown :
« Le dernier homme vivant sur la Terre se trouvait chez lui. On frappa à la porte. »

Pour voter c’est simple, il suffit de lire la sélection, de choisir trois micronouvelles et d’envoyer votre choix à l’adresse indiquée sur ce lien. Si mon pépin vous plaît, pensez à moi ^^
(Qu’il soit primé ou non, il sera publié dans le prochain Géante Rouge).

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La saison des Pépins (2)

Comme tous les ans, le Prix Pépin donne l’opportunité d’écrire des micronouvelles (pas plus de 300 signes espaces et titres compris) en lien avec la SF. Les lauréats du concours, une quarantaine, dont un podium, un prix spécial et un prix du public, sont publiés dans la revue Géante Rouge de l’année. La deadline est fixée au 31 mars, c’est à dire à hier.

J’avais participé en 2010, et j’ai retrouvé mes quatre petits pépins (non qualifiés). Alors juste pour le plaisir, la nostalgie et le plaisir de la nostalgie :

Métissage

L’Amour, enfin…

La symbiose des esprits : avec elle, la télépathie fonctionnait à merveille. La fusion des corps : il adorait lui offrir des plaisirs inédits, caresser sa peau lisse et tiède avec ses tentacules.

Hélas ! Jamais sa famille n’accepterait qu’un Worglub s’unisse à une humaine.

Vilain petit canard

– Vous avez créé une abomination ! Je vais vous trainer en justice ! Vous avez ruiné notre vie !

L’obstétricien lève les yeux au ciel. L’eugénisme, quelle plaie ! Il passe son temps à payer des dommages et intérêts faramineux. Pourtant, un bébé aux yeux bruns, c’est mignon aussi…

Deuil impossible

Le vide s’embrase tandis que l’étoile explose, déployant un voile de feu autour d’elle. À la vivacité de l’éclat succède une nuit piquée de lueurs douces, qui engloutit à jamais le système planétaire moribond.

Or, aucun poète ne vit plus pour chanter la fin somptueuse de l’astre.

Au salon de beauté

— Siii ! Son épilateur laser a glissé et tracé un sillon sur sa tête !

— Nooon ! Et Betty, tu sais que sa peau a viré au vert après un soin aux algues transgéniques ? Elle ne quitte plus son holomasque !

— … Dis, la lumière baisse, non ? Ces gaz esthétiques me donnent le vertige…

Je ne vous demande pas si vous avez pépiné, il paraît qu’on n’a pas le droit de le dire cette année…

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