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Traversée du désert à la rame (2)

Suite de cet article.

Est-ce qu’un auteur arrête vraiment d’écrire pendant une panne d’écriture ?

La réponse est complexe.

D’un côté, je n’avais vraiment plus d’inspiration ni d’envie d’écrire pendant 2 ans. J’ai laissé de côté des projets très alléchants (notamment une nouvelle sur le thème Quantpunk, pour laquelle j’avais effectué tout un tas de recherches complexes et passionnantes), des corrections éditoriales (c’est un miracle si j’ai finalement une parution en fin d’année, on en reparlera ;-) ), ou même des amorces de projets. En effet, parfois, j’avais l’impression que la machine repartait, je saisissais un carnet, j’écrivais plein d’idées, une demi-page sur Word, et puis pfuit ! Le soufflé retombait aussitôt. C’était rageant !

D’un autre côté, l’écriture existait toujours en fond de toile dans ma vie. Pendant un moment, j’ai continué à contribué à la Microphéméride (un site de micronouvelles sur les éphémérides du jour, foncez voir !), jusqu’à ce que j’abandonne en 2015 car je livrais toujours mon texte à l’extrême limite de la deadline, ce qui épuisait autant les organisateurs que moi.

À une période, j’ai relu certains de mes textes et les ai soumis ou resoumis pour les voir publiés, avec quelques succès. Ces succès ne m’ont d’ailleurs pas tellement remonté le moral car j’avais l’impression de proposer aux éditeurs les textes de quelqu’un d’autre, d’une autre moi dans une autre vie.

Le plaisir d’écrire me manquait. Souvenez-vous, c’est le fait d’écrire sous une certaine contrainte qui avait en partie déclenché mon blocage. Je revins alors à un rapport plus concret et physique avec l’écriture ; je m’achetai de beaux carnets pour y noter ce qui m’arrivait, mes réflexions et des citations avec des stylos de toutes les couleurs. Finalement, j’écris beaucoup dans mes journaux, au moins tous les trois jours. Je pense que cela m’a aidé à garder un certain rythme, ce qui m’a servi quand tout s’est débloqué.

Et vous, gardez-vous un rapport à l’écriture, même lointain, pendant vos blocages ?

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Tel le phœnix…

Bonjour chers tous qui passez par là ! Approchez approchez, j’ai presque fini la poussière, j’ai passé la serpillière, et le blog est tout beau tout neuf. Installez-vous sans chichi, la diffusion des programmes va reprendre dans un instant.

Pour célébrer mon retour dans ces locaux virtuels, je vous propose quelques petits textes écrits hier en atelier de microécriture sur les consignes de Jacques Fuentealba. Le point travaillé, le thème et les contraintes sont indiqués au dessus de chaque texte. Enjoy !

Travail sur les références et l’intertextualité.

Thème : Les trois petits cochons

— Donc là vous avez notre première maison témoin, on l’appelle Charme rustique. Toit de chaume, murs en paille et torchis, la maison écologique économique par excellence.

Le client parcourut rapidement la brochure et fronça son nez en trompette.

— Ça résiste bien aux intempéries ?

— Parfait pour un climat océanique pluvieux.

— Et le vent ?

— Je vois, vous cherchez quelque chose de plus robuste. Que dites-vous de ce modèle, Chaleureux Lambris ? Des rondins pour l’extérieur, un toit de bardeaux, il n’y a pas plus solide. Encore une maison naturelle, chauffée par géothermie.

Le client accorda à peine un regard à la construction et déplaça sa corpulence devant leur modèle le plus banal. Pourtant, personne n’achetait plus de maisons en briques de nos jours. Tout le monde voulait une maison qui se fonde dans l’environnement.

— Excusez-moi, monsieur, mais où vivez-vous, si je puis me permettre ?

Une lueur de panique apparut dans les yeux porcins de l’homme.

— Dans la forêt, souffla-t-il.

 

Le calembour

Thème : La grève + placer un calembour

Ils enflammèrent un tas de vieux pneus. Le feu partit à l’assaut des étoiles, cachées derrière un fog épais. Ils n’avaient que quelques dizaines de minutes avant que la police ne les trouve et ne les déloge. Sans perdre de temps, ils entamèrent leur hymne au dieu de la Justice Sociale, en espérant que cette fois, enfin, il se manifesterait.

 

Le retournement de situation

Thème : Sévices, torture, séquestration + surprendre

Il marchait courbé en deux comme diminué par le poids de ses chaînes. Ses habits râpés, trop grands pour lui, flottaient sur sa carcasse. Un homme le héla. Il se retourna lentement, les yeux cernés par des nuits sans sommeil. Des flashs fusèrent. Le rappeur se promit de ne plus boire autant une veille d’avant-première.

 

L’envie de relire

Thème : Enfance, Nostalgie + susciter envie de relire

Elle sautillait sur le chemin dans la lumière de cette fin d’après-midi. Un petit vent frais soufflait, chassant de son visage la sueur des jeux de ces dernières heures. Un grand cri retentit dans la vallée. Sa mère l’appelait. Elle passa la langue sur ses lèvres salées et se pencha pour ramasser deux flocons qu’elle s’accrocha en boucles d’oreilles. Un chocolat chaud l’attendait près du feu de cheminée.

 

Thème : Découvertes, Inventions + Uchronie

— Je t’avais prévenu, il n’y a rien d’exceptionnel dans mon atelier.

Street 45 écarquilla les yeux devant l’explosion de couleurs qui s’offrait à la vue. En tant qu’artiste, il ne voyait pas le laboratoire chimique de son ami de la même manière que lui.

— Rien d’exceptionnel ! Et ces petits papiers carrés qui tiennent tous seuls contre le mur ?

— Oh, une expérience ratée, j’ai voulu créer une colle forte et finalement, ils s’enlèvent super facilement. Regarde !

Spencer joignit le geste à la parole et arracha une poignée de papiers. Ils se décollèrent sans forcer. Les yeux de Street 45 s’agrandirent encore – si c’était possible.

Trente minutes plus tard, un tyrannosaure géant fait de dizaines de petits carrés collants décorait la fenêtre.

— Comment tu appelles ça ? demanda Street 45. Tu peux m’en faire plus ?

— Si tu veux. Ce sont des Post-it. Et toi, comment tu appelles ça ?

— Du Pixel Art. Ça va faire un carton, crois-moi !

 

Le Titre

Thème : Cascadeurs, casse-cous et têtes brûlées

Mauvaise doublure

La voiture explosa en plein vol plané. Il arracha la portière de ses gonds desserrés et plongea dans l’eau glacé du lac. Il nagea ensuite vigoureusement jusqu’à la rive. Après un roulé-boulé désespéré, il attrapa le flingue aux pieds du méchant encore étourdi dans son propre véhicule accidenté et le pointa sur sa tempe. Il avait mal partout, de l’intérieur du crâne jusqu’à ses orteils gelés, mais il l’avait faite ! La cascade de sa vie !

— Coupez ! On la refait, ce n’est pas la bonne veste ! Qui m’a foutu du noir à la place du gris ?

 

N’hésitez pas à me laisser votre avis !

 

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